La Planète Six

C’est qui le patron EP.2

Berry Gordy

Si Quincy Jones mit un peu de temps à comprendre la différence entre "la musique" et "le business de la musique", Berry Gordy fut plus rapide. Bien plus rapide.

Money (That’s What I Want) , son premier succès en tant que simple parolier annonce la couleur. Il constate alors que ce ne sont pas les auteurs qui raflent la mise mais les producteurs. Avec la création de Motown, l’une des plus profitables maison de disque de toute l’histoire, dire que Gordy a réussi est un peu court.

D’abord les chiffres : en 1959, Berry Gordy emprunte 800$ à sa famille pour fonder son premier label, Tamla Records. Devenu par la suite Motown Record Corporation, il revends cette société à MCA en 1988 pour 61 million de dollars, l’équivalent de 150 millions de dollars d’aujourd’hui. Il voulait l’argent, il l’a eu.

Mais il obtint bien plus.

En mettant sur le devant de la scène des artistes noirs jusque là inconnus, leur offrant les services des meilleurs auteurs et compositeurs du moment, Berry Gordy réussit à renverser l’hégémonie de la musique blanche traditionnelle sur les hits-parades.

Voulait-il être à l’origine de cette véritable révolution ? Peut-être pas. Car ici, c’est plus de folie pure que de flair commercial dont il convient de parler.

Ne faut-il pas être clairement timbré pour faire enregistrer en 1962, à un enfant alors âgé de seulement 12 ans, aveugle de surcroit, un album de jazz instrumental où l’on confie au minot les percussions, l’harmonica et les claviers ? L’enfant en question, Stevland Judkins, prends alors le nom d’artiste de Little Stevie Wonder. Et devient une star internationale.

Rebelote 4 ans plus tard. Cette fois, ce n’est plus un enfant que Berry Gordy chapeaute mais toute une fratrie : Jackie, Tito, Jermaine, Marlon, et Michael, tous les fils de Joe Jackson qui en a fait des bêtes à concours. Et ça marche du feu de dieu. Les Jackson 5 enchainent les succès sous l’étiquette Motown.

Stevie Wonder et The Jackson 5 donc mais aussi The Miracles, The Supremes, Marvin Gaye, The Temptations, The Four Tops, Gladys Knight & the Pips, Jimmy Ruffin, The Contours, The Commodores, The Velvelettes...Berry Gordy lance et dirige la carrière d’un nombre incalculable d’artistes.

Entrepreneur d’exception, révolutionnaire sans peut-être même le vouloir, l’enfant de Detroit appose sa signature sur l’image publique, les costumes, la direction musicale et la chorégraphie de toutes celles et ceux qui ont monopolisé les charts dans les années 60 et 70.

C’est qui le patron, c’est Berry Gordy. Résumé en 30’ chrono. Avec en prime, des extraits du documentaire :
BERRY GORDY - The UNTOLD HIDDEN STORY